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Lettre ouverte - La réforme de la formation et ses conséquences pour le financement des formations en Contrats de sécurisation professionnelle

Lettre ouverte - La réforme de la formation et ses conséquences pour le financement des formations en Contrats de sécurisation professionnelle

Exatice - FORMATION

Jusqu’à fin 2018, le financement des formations CSP (Contrat de sécurisation professionnelle) était pris en charge par les OPCA (Organisme paritaire collecteur agréé, soit l’organisme chargé de collecter les obligations financières des entreprises à des fins de formation professionnelle).
 
Du fait de la réforme de la formation professionnelle mise en application au 1er janvier 2019, les OPCA changent de nom. Ils deviennent des OPCO, soit des opérateurs de compétences et de mission. Par conséquent, ils ne financent plus la formation des CSP, des contrats de sécurisation professionnelle.

 
 

Mais qui va désormais financer la formation des contrats de sécurisation professionnelle ?
 
Pôle Emploi a été en mesure de confirmer à Exatice qu’il était désormais la structure responsable du financement des formations CSP. La procédure consiste à demander le financement par le biais d’une AIF (Aide individuelle à la formation, gérée donc par Pôle Emploi). 
 
 
Quelles interrogations sont soulevées par cette nouvelle procédure liée à la réforme de la formation professionnelle ?
 
Rappelons que l’AIF est un financement d’exception. En d’autres termes, Pôle Emploi ne l’accorde que lorsqu’il n’y a pas d’autres modes de financement possibles.
C’est-à-dire que le demandeur d’emploi en Contrat de sécurisation professionnelle devra désormais explorer les différentes pistes de financement, comme celles de la région, des formations conventionnées, etc. Et si aucune d’entre elles n’est possible alors il pourra faire une demande d’AIF.
 
Il faut rappeler qu’avant cette réforme de la formation du 1er janvier 2019, le demandeur d’emploi en CSP allait dans le centre de formation de son choix. Ses seules contraintes étaient de choisir un organisme de formation qui figurait sur la liste de ceux certifiés par les OPCA et qui respectait un taux horaire négocié.
 
La nouvelle procédure complique donc les démarches des personnes souhaitant bénéficier d’une formation professionnelle, tant dans le nombre de demandes à faire, que dans la perte de temps ! Or, quand on est en recherche d’emploi, le but est de retourner à la vie active le plus rapidement possible. Ce que freine la réforme de la formation professionnelle.
 
 
Désormais, il devient difficile de se former dans l'organisme de son choix
 
probleme reforme formation professionnelleSi la procédure AIF n’évolue pas, le demandeur d’emploi en CSP se voit privé de sa liberté de choix puisque c’est Pôle Emploi qui imposera le choix de l’organisme de formation.

Si vous visez donc un organisme particulier pour ses compétences particulières, ses méthodes adaptées à votre personnalité, vous n’aurez quasiment aucune probabilité de l’obtenir.
 
Par ailleurs, certaines formations sont exclues du champ des AIF, car des solutions existent au niveau de la Région. 
 
 
Dernier point : le « bas plafond » du montant des formations en Contrats de sécurisation professionnelle !
 
Enfin et c’est certainement le point le plus problématique pour le demandeur d’emploi en CSP, le montant des AIF. Il faut savoir qu’il est actuellement plafonné à
1 500 euros.

 
Cette disposition restreint encore le choix des formations. En effet, cela signifie que les formations nécessitant du temps ne seront plus possibles puisqu’elles dépassent bien souvent ce montant.
Donc quand le demandeur d’emploi pouvait envisager des formations lui permettant notamment une reconversion professionnelle ou de suivre une formation longue, aujourd’hui celles-ci lui seront refusées.
 
 
En conclusion, alors que la formation était l’intérêt majeur du Contrat de sécurisation professionnelle, le demandeur d’emploi en CSP se trouve aujourd’hui privé de ce droit essentiel, un droit qu’il avait acquis en renonçant à percevoir ses deux mois de préavis.